1918: Les années folles

De 1919 à 1936, cet entre-deux guerres que certains nomment "Les Années Folles", Max Maurey, auteur dramatique et homme de théâtre accompli, ne donna pas moins de soixante-six spectacles sur la scène des Variétés que l'on disait être alors " le plus parisien des théâtres de Paris ".

Bien sûr l'énumération complète des pièces, créations et reprises serait fastidieuse et ressemblerait à un catalogue démodé car certaines sont tout à fait oubliées, sans doute à juste titre, tandis que d'autres, connues de tous, sont entrées dans l'empyrée des chefs-d'oeuvre classiques.

Aussitôt après ta guerre, c'est le nom de Raimu qui domine les distributions aux Variétés. On le voit dans L'Ecole des Cocottes en compagnie de Spinelly et de Max Dearly, dans la plus éclatante reprise du Roi avec Harry Baur et Gabrielle Dorziat (1920), dans La Belle Angevine de Maurice Donnay avec Jane Marnac et Un Jour de Folie de Birabeau (1923).

1923 est une année importante pour les Variétés, puisque le 8 mars, pour la première fois, on jouait la célèbre Ciboulette de Francis de Croisset, Robert de Flers et Reynaldo Hahn, qui devait faire le tour du monde. Edmée Favart dans le rôle principal obtint un triomphe.

En 1924 on joue Ta Bouche de Mirande et Willemetz et Madame l'Archiduc de Jacques Offenbach.

Les noms de Jules Berry et Maud Loty sont à l'affiche en 1925 dans Le Fruit Vert de Régis Gignoux et L'Eternel Printemps de Duvernois. Le 12 juin 1925 Cécile Sorel joue aux Variétés le rôle de la Dubarry dans Maîtresse de Roi d'Ephraim. L'année se termine sur Azaïs, une comédie de Louis Verneuil avec Marie Dubas, Max Dearly, André Lefaur et Pierre Larquey.

Le Martyre de l'Obèse d'Alfred Savoir, Le Martyre de l'Obèse d'André Picard (1926), Un Miracle de Sacha Guitry (1927), Le Danseur Inconnu de Tristan Bernard (1928), précèdent l'un des plus grands succès du théâtre français qui, à l'époque, devait battre tous les records de longévité en restant pendant deux années à l'affiche, il s'agit bien sûr de l'immortel Topaze de Marcel Pagnol dont la première eut lieu le 22 octobre 1928 avec Jeanne Provost et André Lefaur et que la presse, unanime, salua comme un chef-d'oeuvre capital.

A peine remis d'un tel triomphe, les Variétés reprennent en 1931 et une fois de plus Le Roi puis La Veuve Joyeuse de Franz Lehar, avant la création de Bluff de Georges Delance avec Marguerite Moreno, Jules Berry et Suzy Prim. En 1932 les créations passent vite Triplepatte de Tristan Bernard, Aurélie de Germaine Lefrancq avec Pauley, Le Onzième Commandement de Jacques Deval et Avril de Louis Verneuil et Georges Berr.

1933 est l'année Sacha Guitry aux Variétés. Il donne successivement :
Châteaux en Espagne qu'il interprète avec Jacqueline Delubac et Pauline Carton, L'Illusionniste et Florestan 1er, Prince de Monaco, une opérette dont la musique est de Heymann.

Mademoiselle de Jacques Deval, Mon Double et ma Moitié de Sacha Guitry, Mon Crime...! de Berr et Verneuil avec Edwige Feuillère, Alerme, Pauley et Larquey, ainsi que l'opérette de Franz Schubert La Maison des Trois Jeunes Filles, occupent l'année 1934.

En 1935, on joue tour à tour et avec des fortunes diverses, L'Amant de Madame VidaI de Louis Verneuil avec Elvire Popesco (janvier), Girouette (avril), Topaze (avril), de médiocres Ballets Russes (mai) et une charmante comédie musicale Le Groom s'en chargera, couplets de J. de Wissant, musique de Pascal Bastia, avec Germaine Duclos, Marguerite Louvain, Armontel, Duvaleix et René Smith qui créa, dans cette opérette la célèbre chanson "Je tire ma révérence", reprise plus tard par Jean Sablon. Enfin on joua Les Fontaines Lumineuses de Louis Verneuil, avec Marguerite Pierry et Saturnin Fabre.

En 1936, les "Années Folles" sont terminées. Déjà les nuages sombres se montrent à l'horizon. C'est peut-être pour cette raison que tout à coup le soleil de Marseille entre à flot boulevard Montmartre, pour combattre une certaine morosité...